Le Sénégal invité à intégrer la gestion de la résilience

par Seydou P. SADIO

Pour réduire la vulnérabilité des moyens de subsistance des populations, le Sénégal a été invité à intégrer davantage la gestion de la résilience dans les politiques publiques. C’est une des recommandations de l’atelier de restitution des études menées dans notre pays sur les risques agricoles sous l’égide du Nepad et de la Plateforme pour la gestion des risques agricoles (Parm).

Il est admis que les impacts des risques sur l’agriculture et le marché alimentaire peuvent altérer les biens de production des petits producteurs ruraux et augmenter leur vulnérabilité à l’insécurité alimentaire et à la sous alimentation. Pour éviter que le Sénégal ne connaisse pareille situation, la Plateforme pour la gestion des risques agricoles (Parm), une initiative mise en place par les Etats du G 8 et du G 20 en partenariat avec l’Union africaine à travers le Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine (Pddaa), principal volet agricole de l’Agence du nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad), a profité de l’atelier national sur la gestion des risques agricoles tenu à Dakar, pour inviter le Sénégal à intégrer davantage la gestion de la résilience dans les politiques publiques.

En effet, selon les acteurs, l’atteinte des objectifs fixés par des Etats africains comme le Sénégal, est souvent plombé par des contraintes liées aux risques agricoles malgré les intéressants résultats obtenus durant ces dix dernières années. La rencontre de Dakar a pour cela pointé du doigt les sous secteurs de la pêche et de l’élevage. En effet, comme l’a souligné Sokhna Mbaye Diop, conseillère technique au ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural, la rareté des ressources halieutiques pour la pêche reste un des risques majeurs auquel est confronté le secteur alors que pour l’élevage continue de souffrir du vol de bétail au moment où nombre de producteurs sont exposés aux risques de production et de marché.

Mme Diop indique que les dégâts provoqués par les criquets pèlerins en 2004 ont été estimées à 2 millions de tonnes de cultures, soit 20% des besoins alimentaires des populations dans le sahel. On évalue également les pertes liées aux feux de brousse sur la période 2007-2010 à 151 milliards de FCfa. Abondant dans le même sens, le chef du programme Parm, Jesùs Anton, tire la sonnette d’alarme et demande aux Etats africains à satisfaire les engagements pris en 2014 à Malabo et tendre vers la création d’un guide de gestion des risques agricoles. M. Anton estime qu’une mutualisation des efforts entre pouvoirs publics et partenaires au développement telle que recommandé par le Pddaa contribuerait à atteindre cet objectif.

Le Sénégal, a rappelé Sokhna Mbaye Diop, a déjà adopté des politiques qui s’inscrivent dans cette dynamique de réduction de risques agricoles. La conseillère technique du ministère de l’Agriculture et de l’Equipement rural évoque à ce sujet, certains aspects du Plan Sénégal Emergent (Pse), de la loi d’orientation agro-sylvo-pastorale, du Programme d’accélération de la cadence de l’agriculture sénégalaise (Pracas) et du Plan national de développement de l’élevage ainsi que les politiques sectorielles entreprises aussi dans le secteur de l’élevage. « Aujourd’hui, grâce au Programme détaillé de développement de l’agriculture africaine la gestion des risques agricoles dans toutes ses dimensions retient de plus en plus l’attention des Etats africains et c’est dans cette dynamique que s’est inscrit le Sénégal », a soutenu Mme Diop. Le Sénégal, a-t-elle rappelé veut faire en sorte que, d’ici à 2025, au moins 30% des fermiers, éleveurs et pêcheurs puissent résister aux risques climatiques et météorologiques.

Seydou P. SADIO